Paris...
Je suis dans le train une fois de plus,les trains de retour les plus étranges.
Une espèce de mélancolie classico-pathétique se fait ressentir dans mon ventre.
Etre dans le brouillard.Tout comme ce train d'ailleurs,je regarde les reflets des gens dans la vitre ca a une autre saveur ,un je-ne-sais-quoi de plus.
Les souvenirs de ce nouvel an m'éveillent des sourires ,là je suis heureuse, c'est beau, si vous saviez... Mieux que le soleil dans le jardin du luxembourg ,mieux que les pas d'un homme sérieux qui resonnent dans un couloir de métro et mieux que la mousse noix de coco avec les ananas caramélisés et ce meme s'il y a beaucoup de caramel.
Paris et ses petites vies parisiennes de Montmartre à Chateaux rouge , des Champs Elysées à Chatelet.
Le métropolitain et son labyrinthe de galeries souterraines où les gens errent,vivent,travaillent,courent,attendent tels des troglodytes.
Cage urbaine infestée de rats où la musique étourdit,où les sourires s'estompent, où la notion de foule individualiste prend -je crois- tout son sens.
Et une fois initié,on prend le plis.
Métropolitain, non pas alienant,terrifiant d'inhumanité mais cerveau de Paris, où les idées,les pensées fusent parce qu'on s'y perd,le visage en devient vide .On pense, au passé ,au futur, à la couleur des chaussures de son voisin d'en face, aux rencontres comme un courant électrique, qui menent aux jeux de regards, aux devisagements.A nos beaux amours platoniques.
On ne pense à rien parfois, à tout ce qui nous ressemble,et cela sur des kilometres de galeries, des boites à idées mouvantes.
Le froid qui s'echappe de la porte de sortie .Celui qui ouvre de petites ecorchures sur les mains dont la peau est trop fine, elui qui gerce les lèvres, ce froid glacial qui brule la peau.
Les nez rougissent, le givre inonde les pavés obligeant les parisiennes à quitter leurs talons-aiguilles vertigineux et aux parisiens de chercher un équilibre précaire .Emprisonnés dans toutes sortes de vestes ,manteaux,anoraks,trenchs,gants,mitaines,bonnets et écharpes.
Paris inaccessible et insaisissable quartiers chics et autres mondes. Tour à tour richesse putride, flamboyante.Charmantes aparitions des milles et unes exhibitions merveilleuses, comme des trésors d'enfants à l'arrière gout de manteau de fourrure.
Paris Populaire,humain,ces rues sinueuses ,ses marchés ,ses épiceries ouvertes la nuit, les petites veilleuses de Paris.La ville et ses trottoirs sales,les vendeurs de rêves,de contrefacons et de paradis artificiels.Les boucheries glauques où s'entassent les carcasses de poulets sans tetes, les langues de boeufs et les tripes le tout ayant une réfrigération des plus douteuses.
Les corps informes d'animaux dont la chair sanguinolante dégouline du plafond d'où ils sont pendus.
Décor nauzéux dont même le sourire du boucher et son tablier rougi font parti du tableau et lui donnent même un coté inquietant.Une petite communauté curieuse où tout le monde semble se connaitre et où l'on semble bien étranger.
Paris,romantique et majestueux,surement mon préféré.Perché du haut des buttes monmartres , le toit du monde parisien où se dessine les horizons du tout Paris.Là où la vie semble être livre d'art et de musique,où les pavés semblent resonner -voire raisonner- d'un autre son ,d'une autre maniere.Ces gens entassés devant le sacré coeur attendant la plus belle et la plus grande photographie de famille qui soit.
Ce je-ne-sais-quoi , peut être dans l'air qui fait qu'on se sent bien comme dans un cocon casanier,les sensations se melent aux images.Il n'y a pas de mots.
Là bas je vis, j'errerais des heures marchant dans les rues qui paradoxalement malgre le monde sont calmes ,s'impregner de son odeur ,de ses couleurs,de ses rites ,de sa culture,ses peintres de rues racoleurs et ses tours eiffel en métal brun,descendre les marches de ses escaliers en pierre et glisser sur les rembardes en métal comme Mary Poppins,se faufiler dans ce monde et égoistement en garder le maximum, remarquer le moindre détail, et tout aimer ,et tout aimer trop, à la démesure.Saltimbanques et anonymes réunis dans la foule qui défile.Mesdames et messieurs le temps tourne à l'envers.
Paris folie, après le métro bondé et flot de gens ,coeur qui bat trop fort,foule et hurlements,se jeter dans les bras l'une de l'autre et se dire-hurler-murmurer-chanter une bonne année.
Etre là avec le bruit de la foule qui s'estompe doucement.
Il est minuit sur les champs élysées et tout va bien.Arc de triomphe et grande roue comme boussole on remonte les champs élysées et un sourire commun se dessine sur les visages, les amants s'embrassent avec plus ou moins de fougue,feux d'artifices s'éclatent et les bouteilles de champagnes se liberent de leurs bouchons et laissent le plaisir dans les gorges.
Paris animal,viceral,à l'heure où tout le monde dort se réveille ce nouveau Paris.L'alcool coule et réchauffe les gorges,les mains se font balladeuses,l'ivresse hurle au fond du RER C et dans les couloirs du métropolitain, les pillages de sacs à mains,le verre cassé, les gens ivres-morts,les baisers volés,la noirceur de Paris ,cercle vicieux et torture de solitude et d'ennui,quelques frayeurs et les hommes étranges qui te prennent dans leurs bras empestant le tabac froid,la poudre ou l'herbe de reve ou le mauvais alcool.Valser entre eux et les eviter au maximum,avoir peur parfois quand l'un d'entre eux nous sert trop fort dans ses bras.Etre sauvé par d'autres hommes.Etre au beau milieu d'un bal glauque qui ressemble à une mascarade ,la fatigue se fait sentir, se faire suivre dans les gares desertes.Etre fatiguée, avoir froid.
Alors oui,j'ai aimé manger de la guacamole devant la fontaine stravinski,jouer avec les boites à musique,des magasins de souvenirs,prendre le métropolitain et s'y perdre.Aller aux galeries lafayette,juste errer dans Paris,dans les musées.Les arts décoratifs et leurs collections de jouets,les publicités,la splendeur de la cour du Palais Royal.La facon que la tour Eiffel a d'être mythique.Se tirer les cartes pour savoir notre futur,manger un croissantdans les jardins du Luxembourg,la beauté des toiles d'Andy Warhol.Boire sur les champs Elysées,regarder des films,dormir à deux dans un grand lit,rencontrer les soeurs d'Elise et leurs univers,manger des Rafaello et tout notre petit réveillon avec les toasts et les verrines,trouver la faille de Peter-answer.
J'ai aimé être parisienne avec toi.
Deux-mille neuf commence on ne peut mieux...
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